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Les chambres d'agriculture veulent favoriser l’installation d’élevages en France

Chambres d'agriculture France veut encourager l'engraissement de jeunes bovins en France.

Face à la baisse de production agricole française, la tête de réseau Chambres d’agriculture France veut réinstaller des élevages en France. Une ambition qui ne peut être réalisée que par l’accompagnement de l’État et la pédagogie auprès des consommateurs, pour ses représentants.

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« En 2025, il est fort probable que la France ait importé plus de produits agroalimentaires qu’elle en a exportés », observe d’un œil inquiet Sébastien Windsor, président de Chambres d'agriculture France, lors des vœux à la presse à Paris le mercredi 14 janvier 2026. Le déficit de la balance commerciale s'observe notamment dans la filière de la volaille, où les importations compensent à peine le déficit de production française face à une demande qui a explosé.

D’un autre côté, les éleveurs touchés par les territoires où la dermatose nodulaire contagieuse sévit parviennent difficilement à commercialiser leurs jeunes bovins, faute d’avoir des lieux d’engraissement au sein de leur zone (les règles de l’exportation étant partiellement restreintes pour éviter la propagation de la maladie).

Pour les représentants du réseau consulaire, le constat est clair. Il faut que la France retrouve sa souveraineté alimentaire, en redéployant des filières manquantes sur le territoire, en particulier l’élevage.

Réintégrer l’élevage dans les zones intermédiaires

À l’occasion des Assises du sanitaire, il faut « réfléchir à la répartition sur les territoires des différents élevages », amorce Olivier Lebert, secrétaire général de Chambres d’agriculture France, avec, « un retour de l’engraissement en France au plus près des zones de naissance pour conserver la valeur jusqu’au bout sur nos territoires ».

Une méthode qu’il veut porter en particulier sur les zones intermédiaires (zones considérées avec une faible productivité) qui ont progressivement vu les élevages disparaître. Face au réchauffement climatique « qui impacte toutes les zones, et encore plus les zones intermédiaires », elles bénéficieraient d’un retour de l’élevage. Pour se diversifier face aux risques de mauvaises récoltes d’abord, tout en apportant de l’engrais local et réduire les dépendances aux intrants étrangers ensuite, plaide de son côté Arnaud Delestre, premier vice-président du réseau national, « Le système le plus résilient, c’est la polyculture-élevage », résume-t-il.

Pour Guillame Lefort, également vice-président, l’intégration de l’engraissement de jeunes bovins a aussi un intérêt agronomique. Cele permet d'intégrer l’herbe dans la rotation des cultures du territoire.

Pédagogie auprès des citoyens

Pour développer les projets agricoles, les représentants de Chambres d’agriculture France veulent accentuer la pédagogie auprès des citoyens et riverains. Auprès des élus et des citoyens, « nous avons ce rôle-là [en tant qu’élus de chambre] de participer à cette bonne compréhension », pose Olivier Lebert.

« Sur les volailles, on ne retrouvera la souveraineté que si nous avons de nouveaux bâtiments », s’est exclamé Sébastien Windsor. Souvent soumis à des contraintes administratives et des recours juridiques citoyens, les démarches pour encourager les élevages doivent aussi être simplifiés pour le président du réseau. Une demande portée depuis le début des manifestations agricoles il y a deux ans, qu’on peine encore à retrouver en pratique, juge-t-il. Les décrets d’application de la loi d’orientation agricole ou de la loi Duplomb pour faciliter les élevages soumis à la réglementation ICPE ne sont, par exemple, pas encore sortis.

D’autant qu’aujourd’hui, il faudra sûrement favoriser des élevages plus importants, via des « projets collectifs », observe Guillaume Lefort. « En plus des difficultés de rentabilité, c’est aussi la pénibilité », qui est responsable de la disparition de l’élevage en zones intermédiaires. « Quand on est plus gros, ça permet d’avoir plusieurs actifs et de partager les astreintes », assure Sébastien Windsor.

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